MONOGRAPHIE

 


 

     1er Mai 1888 - Monsieur J.JACQUET , instituteur à Noyales

            

 I - Géographie physique

              Situation : La Commune de Noyal est à 6 kilomètres à l'ouest de Guise, à 30 à l'ouest de Vervins et à 45 au nord de Laon. Son emplacement se trouve à 1°15 de longitude orientale et à 49°48 de latitude nord.

              Etendue - Territoire : Elle occupe une étendue superficielle de 8  hectares 50 ares. Celle de son territoire est de 717 hectares. Il est borné au nord par la commune de Longchamps, à l'est par celle de Proix, au sud par la commune de Macquigny-Carotte  (arrondissement de St Quentin).La longueur en latitude (ou du nord au sud) est d'environ 3 kilomètres et sa largeur (ou longueur en longitude) d'environ 3 kilomètres 1/2

              Son terroir a une surface de 708 hectares 50 ares. Il est bien cultivé, essentiellement agricole et divisé en terres labourables, près, jardins et vergers. Une dépendance : Trémont (fermes).Les principaux lieux-dits sont : La grumelle, La chausselle, les longues roies, les fermes, le four à chaux, le village, le pré du château, les hauts prés, la vallée à l'orge, les coeurs.

              Les noms successifs portés par la commune : Noiella en 1156 - Noella en 1178

              Relief : Noyal est bâti sur la rive droite de l'Oise entre deux collines qui se dirigent du sud-ouest au nord-est et se rattachent aux Ardennes occidentales. Son Altitude est de 92 mètres.

              Météorologie - Géologie : Climat humide, température généralement brumeuse. Sol calcaire, sablonneux en quelques endroits.

              Hydrographie : L'Oise, rivière, traverse le territoire de Noyal du Nord-Est au Sud-Ouest. Cette rivière prend sa source dans la province de Namur (Belgique). A partir de Chauny (Aisne) la  navigation y commence. Il n'y a pas de marais. Il existe à Noyal un étang d'une superficie d'environ 10 hectares.

              Arbres Fruitiers et vigne : Les principaux arbres fruitiers sont :

le pommier, le poirier, le cerisier, le noyer et le prunier. La vigne n'est pas cultivée à Noyal. On rencontre néanmoins quelques ceps le long de plusieurs murs, mais le raisin mûrit tardivement.

              Houblon - Betterave : La culture du houblon est abandonnée. Celle de la betterave à sucre occupe environ une superficie de 15 hectares. Celle de la betterave fourragère 25 hectares.

              Culture de toutes espèces : Les plantes qui composent la culture des champs étant déjà dénommées, il ne reste à mentionner ici que celles dites plantes du jardin ou potagères : choux, carottes, navets, pois, haricots, oignon, salade etc.

              Biens communaux : la commune de Noyal possède 1 hectare 20 ares de terres labourables et pâtures qui sont affermées, et 5 hectares de prairies naturelles dont la 1ère coupe est vendue annuellement à son profit et la 2ème coupe livrée à la vaine pâture.

              Animaux domestiques : La dernière statistique agricole donne les chiffres suivants : chevaux 106 - ânes 8 - bêtes à cornes 175 - bêtes à laine 200 - chèvres 6 - porcs 50 - abeilles 50 ruches

              Faune communale : Les animaux sauvages ne trouvent à Noyal aucun endroit pour se mettre en sûreté, c'est dire qu'ils y sont très  rares. On y rencontre le lièvre et le lapin de garenne ;. la perdrix, la caille, l'alouette, la grive et le canard sauvage sont les seuls gibiers à plumes du pays. Outre les hirondelles et les moineaux que l'on rencontre partout, on y trouve encore : le rouge-gorge, la fauvette, le roitelet, la bergeronnette, le rossignol, le merle, la mésange, le pinson, la linotte, le chardonneret, l'étourneau, le corbeau, la pie, le geai, le coucou, le pigeon dit ramier, le pigeon dit biset, la tourterelle, la poule, le dindon, la poule d'eau, le canard, l'oie.

Enfin les animaux domestiques dont servent les habitants sont : le cheval, l'âne, le boeuf, la vache, le porc, le mouton, la chèvre. Il faut aussi nommer le chien, le chat, le lapin domestique.

  Flore communale :

  Plantes qui sont le produit spontané du sol :

Nielle des blés, mouron oiseaux, coquelicot, fumeterre, violette odorante,genêt à balais, plantain moyen, lierre grimpant, thym serpolet, le  lierre terrestre, ortie blanche, ortie brûlante, liseron des champs, ensente, petit muguet, chardon des champs, bluet des champs, mille feuille, la grande marguerite, pissenlit, chiendent officinal, prêle des champs, avoine des prés, paturin des prés. On cultive : le blé, le seigle, l'orge, la pernelle, l'avoine, la luzerne, la minette, le trèfle, le sainfoin, la vesce en épi, la pomme de terre.

              Arbustes : Charmille, coudrier-noisetier, sureau noir, chèvrefeuille des buissons, saule osier des vanniers, prunier épineux ou prunellier, ronce framboisier, églantier, groseillier rouge et groseillier épineux.

              Arbres : Peuplier tremble, chêne, orme, aune, bouleau, pommier, poirier, cerisier, noyer, prunier domestique.

              Population : D'après le dernier recensement (1886) la population de Noyal est de 406 habitants. Elle diminue insensiblement au profit des centres industriels. Il faut attribuer cette émigration au peu de ressources que présente la commune en hiver, Noyal étant un pays exclusivement agricole.

              Les habitants sont généralement d'une taille au-dessus de la moyenne, bien constitués et robustes. Leur alimenation est de pain de froment, viande de boeuf et de porc, laitage, pomme de terre, légumes verts et légumes secs, bière et cidre.

              Longévité : Assez de vieillards : 7 octogénaires, 12 septuagénaires. La durée moyenne de la vie est de 60 à 70 ans.

              caractère : Leur caractère est sympathique, bon et généreux.

              Moeurs : Les habitants sont honnêtes et de mœurs pures et simples.

              Leurs jeux : Le jeu favori est celui des cartes. Les jeunes gens s'exercent en outre au tir à la carabine les dimanches et les jours fériés.

              Leurs usages : Les principaux usages sont : jeter des dragées aux baptêmes, décharger des armes à feu pour faire honneur aux mariés, donner des étrennes aux enfants au renouvellement de l'année et

des oeufs rouges au fêtes de Pâques, planter du buis bénit sur les tombes et dans les champs le dimanche des Rameaux. La fête patronale dure un jour, la fête communale dure 2 jours et il est d'usage de célébrer un service funèbre le lundi de cette fête à l'intention de tous les trépassés de la paroisse;

              Leur langage est un français particulier (un peu altéré) de la Thiérache. Les habitants possèdent une instruction élémentaire restreinte, mais suffisamment pratique.

II - Géographie historique

  Antiquités Romaines : L'emplacement des fermes de Trémont dont l'altitude est de 146 mètres, fut (d'après Peigné-Delacourt) un des speculatoria destinés par Jules Cesar à faire obstacle en cas d'attaque des Cambrésiens. Trémont, dont la partie latine : le  tremundus (redoutable) a donné naissance au mot technique redoute, s'accorde parfaitement avec la position de ce fort sur le mont, destiné à protéger le camp romain de Proix distant d'environ 5 kilomètres;

              L'Eglise : la commune de Noyal possède une église dédiée à sainte Geneviève dont on fait la fête le 3 janvier ; sa longueur intérieure est de 28 mètres. Elle appartient au style de la Renaissance et date de 1701. Elle a deux vitraux modernes représentant l'un l'Annonciation et l'autre le Couronnement de la Sainte Vierge.

              Château : Noyal a possédé un château féodal composé de 7 tourelles isolées et entourées d'eau. Au commencement de notre siècle, elles furent successivement reliées les unes aux autres par différentes.

constructions. Les murailles avaient une épaisseur de 2 mètres. On peut voir encore le pied d'une ancienne tourelle dans le lit de l'Oise lorsque les eaux sont basses.D'après le dictionnaire Melleville, les seigneurs furent :

              - en 1210 - Guy, chevalier de Noyal,

              - en 1274 - Guyon de Noyal, chevalier,

              - en 1555 - Raoul d'Amerval, seigneur,

              - en 1586 - Jean de Brusle, seigneur écuyer,

              - en 1660 - M. de Gondreville, seigneur,

              - en 1745 - Louis-François Duval de Fontaines, seigneur, ancien mousquetaire,

              - en 1788 - Alexandre-Hilaire de Raveneau, seigneur de Noyal

              - en 1841, le château fut, par ordre de son propriétaire (M. de Raveneau) démoli de fond en comble et remplacé par une élégante construction moderne qui porte encore le nom de Château.

              Documents historiques : Les actes de l'état civil commencent en l'année 1669. La plus ancienne délibération de l'assemblée municipale remonte au 2 mars 1788. Un procès-verbal du 14 juillet 1790, inscrit au verso du folio 38 du registre de cette année, mentionne que les officiers municipaux et les citoyens de Proix ayant témoigné le désir de se réunir à ceux de Noyal pour " la Feste de la Confédération générale", ces derniers ont acquiescé à ce désir dans "l'intention de continuer et d'accroître, s'il était possible, l'union qui régnait entre les deux paroisses". Qu'à ce sujet un autel a été élevé par les soins des deux municipalités dans une prairie située entre les deux territoires, et que ledit jour, à onze heures du matin, les officiers municipaux et les habitants des deux paroisses "se sont rendus processionnellement "

à cet endroit où une messe basse fut dite par M. Bonneterre, curé de Noyal. Après quoi ils ont prêté le "serment civique demandé", ainsi que la garde nationale et son commandant M. de Raveneau. Le  retour à l'église s'est fait "au chant du Tedeum" et le reste de la journée s'est passé "en feste, sans aucun trouble"

              Ecole : L'école de Noyal appartient à l'enseignement primaire. Depuis les temps les plus reculés, elle est mixte et dirigée par un instituteur laïque. Elle reçoit 60 élèves. Elle est située au pied d'une colline et fait face au levant. Les bâtiments scolaires sont la propriété de la commune depuis l'année 1839. La salle de classe a été reconstruite en 1865.

              Instituteurs de Noyal de 1790 à 1888 :

              - en 1790 - Dagnicourt Jean-Baptiste.

              - en 0833 - Dagnicourt Charles-Joseph.

              - en 1848 - Baligant Eugène-Edouard.

              - en 1858 - Tronchain Jules-César.

              - en 1866 - Duquesnois François-Arsène.

              - en 1866 - Fontaine Charles-César Louis.

              - en 1878 - Guilmot Léon-Joseph.

              - en 1880 - Lenglet Charles.

- en 1886 - Jacquet Pierre Louis Jules (en exercice

 III - Géographie Économique

              Etat des Terres : Les terres arables sont soumises à l'assolement quadriennal : racines ou féverolles, blé d'hiver, orge ou avoine, trèfle. La jachère n'existe plus. Les engrais consistent en fumier de ferme, boues d'immondices diverses et engrais végétal vert (plantes enfouies en vert).

              Les principaux instruments aratoires sont : la charrue moderne dite brabant double, l'extirpateur, la herse triangulaire, la  herse articulée en fer, le rouleau uni et le rouleau brisé, mottes dit Croskill, le semoir mécanique, le buttoir, la houe à cheval, la bêche, le râteau, la rasette à main, la faux etc.

              Prairies : les prairies naturelles occupent une superficie d'environ 110 hectares dont 5 sont la propriété de la commune et 35 appartiennent à des particuliers. La vaine pâture n'existe pas dans les prés de ces derniers qui font faner la 1ère coupe pour provision d'hiver et consommer en vert le regain par leurs bestiaux. La vaine pâture existe sur les prairies communales. Chaque année, après la récolte des foins, vers le mois d'août, les vaches de la commune vont paître dans lesdites prairies sous la garde d'un pâtre qui reçoit pour salaire des propriétaires un franc par tête de bétail et par mois. Les bestiaux sont en outre taxés annuellement au profit de la commune, d'une somme de 0,50 c. par tête.

Les prairies artificielles consistent en trèfle de toutes sortes, luzerne, sainfoins et minette, dont les produits sont fanés pour être consommés.

              Animaux nuisibles : Les animaux nuisibles que l'on rencontre à Noyal sont : le renard (qui est assez rare), le putois, la fouine, la belette, le lérot, la souris, le rat et le mulot.

              Insectes utiles : Parmi les insectes utiles il faut citer : l'abeille et la coccinelle.

              Chasse et pêche : La chasse est libre sur le territoire de Noyal et n'est soumise à aucune condition particulière. Le gibier est abondant. Les produits sont entièrement domestiques et les chasseurs trouvent dans le plaisir de la chasse plus d'agréments que de profits.

              La pêche est également libre. Chaque dimanche, la population ouvrière se délasse en se livrant à la pêche à la ligne dans l'Oise

              Usines et manufactures : Le seul établissement industriel est un moulin à eau : on y occupe cinq ouvriers qui gagnent chacun de trois à quatre francs par jour.

              document AD de l'Aisne

Pierre Louis Jules JACQUET ° Iviers - + 10/9/1893 à Noyales - x  LAUX Mathilde Aurélie